الأحد، 28 أكتوبر 2012

Il était une fois un vieux couple heureux de mohammed khaïr eddine

IL ETAIT UNE FOIS UN VIEUX COUPLE
HEUREUX DE MOHAMMED KHAÏR-EDDINE

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1. Le Titre : Il était une fois un vieux couple heureux
Le titre nous met dans une situation de confusion et de rêves. Nous avons
l’impression qu’il s’agit d’un conte magique, ou plutôt que le livre fera l’objet d’un conte qui
prendra en charge la narration d’une histoire fabuleuse dont un couple fût heureux malgré sa
vieillesse. Un titre qui fait l’objet de plusieurs hypothèses de lecture : S’agit-il d’un récit
magique où on raconte l’aventure d’un héros à la recherche de sa bien aimée? Y a-t-il des
événements fantastiques, des adjuvants, des opposants qui donnent au récit ce goût du danger
suspensif ? De quel couple s’agit-il ? De quel bonheur ? Quand et comment ce couple vieux
fût-il heureux ? Le titre écrit en jaune, en Majuscules sur un fond sombre semble insinuer ce
malheur déguisé en bonheur souhaité ou perdu…
2. L’effet de réel dans l’incipit de l’oeuvre
Ancrage spatiotemporel : *La vallée un endroit important qui contient les décombres des
anciens et les nouveaux bâtiments modernes des riches. L’espace ici est un espace double,
qui met en valeur les ruines oubliées en le comparant aux édifices modernes. Le temps reste
imprécis dans la mesure où nous n’avons pas de dates exactes : « Depuis son retour au
pays… »
*Le souk hebdomadaire tous les mercredis…
Présentation du personnage essentiel :
Bouchaïb : un homme qui a sillonné le Nord et une partie de l’Europe. Littré et écrivain.
La femme : sa femme dont-on ignore énormément de choses, est soumise, citée en même
temps que l’âne et le chat de la maison.
L’intervention du narrateur : Le narrateur intervient, pour commenter et préciser quelques
caractéristiques relatives à Bouchaïb. Cette intervention donne à l’incipit cet effet de réel, car
nous avons l’impression que le narrateur connaissait Bouchaïb et sa vie comme il est capable
d’affirmer ou de nier certains faits : « Rien de tout cela n’était tout-à-fait juste ; seul le
vieux Bouchaïb détenait le secret de sa jeunesse enfuie. »(p.7)
L’incipit commence par une question qui le différencie d’un conte. Il s’agit d’un récit qui
raconte une histoire ordinaire d’un vieux couple, et non d’un récit merveilleux où le
fantastique et l’imaginaire font la règle.
3. La fonction de l’incipit
L’incipit de l’oeuvre identifie l’énoncé comme une narration romanesque : loin du
conte et ses particularités. Ainsi, l’incipit détermine la nature du texte à lire, car il s’agit bel et
bien d’un roman maghrébin. L’incipit ancre le récit dans le temps et dans l’espace en
présentant son personnage essentiel Bouchaïb qui fait l’objet des discussions des villageois,
qui leur inspirent respect et admiration. L’incipit met ainsi le récit en marche et alimente ses
premiers fils narratifs…Il joue une fonction dramatique et présentative. Nous avons
l’impression qu’il s’agit d’une véritable histoire car le narrateur décrit avec précision et
authenticité la vallée et ses mutations comme il introduit ses actants avec justesse en
intervenant dans le récit, pour commenter leur parcours narratif.
4. L’organisation du récit
Le Roman Il était une fois un vieux couple heureux, revient souvent sur la relation paisible
des vieux. Un couple résigné et « heureux » sans enfants. Cependant, il y a ce retour en arrière
pour raconter le passé de Bouchaïb et ses aventures. Le récit se mêle aussi à d’autres minirécits
enchâssés comme celui de chats, de la prostitution, de tremblement de terre d’Agadir…
Nous constatons que le chat occupe une place importante dans la vie des vieux qui
remplacent souvent un chat par un autre si le premier est mort. Le chat est l’enfant que le
couple n’a pas pu avoir. Il est adoré et vénéré par les vieux. Lors du tremblement de terre
d’Agadir, le chat a été malade, car il a senti ce danger. Ces récits alimentent la narration et
donnent au roman s’autres dimensions…En effet le couple est relégué au second plan. La vie
de Bouchaïb se trace à titre individuel sans accorder à la veille un statut ou une présence
narrative…
5. La part de la tradition et de la culture dans : Il était une fois un vieux couple heureux
La part de la tradition est dominant dans le roman Il était une fois un vieux couple heureux.
Le titre qui revient dans le texte : « Il était une fois de plus sur la terrasse. L’été tirait
presque à sa fin les moissons avaient était bonnes… » Cela est expliqué par la tradition et
la croyance des gens : « Dieu est entrain de lapider le Diable. » Cela veut dire que tout va
bien, car les êtres humains sont tolérants et bons ce qui éloigne le Diable. Mais, lorsque le
tremblement de terre a détruit la ville d’Agadir d’autres explications surgissent. Cette fois-ci,
elles sont associées à la présence des étrangers ; qui ne respectent personnes et qui profitent
de tout le monde en exploitant leur besoin : « Chleuhs » aussi, ne sont plus comme avant,
ils ont perdu leur dignité devant l’argent : « Ils ont succombé à l’argent, qui est le
véritable instrument d’Iblis qu’il soit mille fois mille fois maudit ! » Aucune explication
scientifique n’est présente; tout s’explique par la tradition et la religion. Agadir est corrompue
par les touristes : « Le touriste européen n’y venait que pour satisfaire ses perversions
sexuelles. »(p.51) d’où le tremblement de la ville.
6. Le conflit des générations : un phénomène socioculturel
Le conflit des générations se manifeste clairement dans cet extrait. Ce contraste entre
les pères et les fils, ce changement des idées, de la pensée et de la façon de voir les choses. Ce
lien avec la terre n’est plus le même. Les jeunes préfèrent quitter le village pour aller ailleurs
à la recherche de la vie facile et de nouveaux principes. En effet, la solitude et le labour de la
terre ne sont que des mots anciens sans valeur : « L’ancienne solidarité n’existait plus
depuis l’indépendance. Ils (les jeunes) devaient se débrouiller tous seuls pour trouver un
emploi. » (p.58)
Les jeunes ne croient plus à la terre, à l’éthique, aux principes de la citoyenneté,
parce qu’ils préfèrent quitter le pays pour s’enrichir ou trouver un travail plus confortable
dans les grandes villes du royaume ou ailleurs: « Ils devenaient garçons de café, chasseurs
d’hôtel. D’autres réussissent à quitter le pays pour La France, La Belgique ou la
Hollande.»(p.58)
Les vieux commencèrent à se plaindre des jeunes qui ne respectent plus rien, qui veulent
se libérer de leurs origines, de leurs coutumes, de leurs traditions et de leur terre d’où le
conflit entre ceux qui préfèrent rester à leur pays et ceux qui espèrent partir pour améliorer
leur vie. Il y a ceux qui réussissent et il y a ceux qui échouent, ce qui les poussent à vivre en
Europe dans une misère déguisée. Les enfants nés en Europe sont encore pires car ils se
perdent dans un autre monde qui n’est pas le leur. Ils sont rejetés dans des lieux
indésirables : « Ils constituaient désormais l’essentiel de la population délinquante et
carcérale des pays d’Europe. » L’auteur soulève ici, un problème socioculturel des
immigrés ordinaires qui vivaient à la marge de la société française avec leurs déchéances et
leurs souffrances. Leur présence au sein d’un monde qui leur est étranger, les pousse à entrer
en conflit avec les générations à venir, qui sont également des victimes à double identité
incarnant le choc des cultures et de l’exclusion.
7. Le choc des cultures et ses manifestations dans le roman
Les enfants du village sont des enfants nés en Europe. Ils ne respectent personne. Ils
parlent une langue étrangère. Ils sont des petits voyous, des diablotins. Ces adjectifs dont
Bouchaïb qualifie ces enfants montrent le choc des cultures, parce que les villageois ne
comprennent plus cette nouvelle génération qui leur semble bizarre. Des enfants qui n’ont pas
peur de la mort, qui profanait les tombes : « Ils n’ont même pas peur de la mort, et encore
moins de ses symboles ! Ils se conduisent tout- à -fait comme des charognards. Je me
demande ce qu’on leur apprend là bas dans les écoles. » (p.60)
Les vieux n’arrivent plus à concevoir les attitudes des jeunes et leurs manières de s’exprimer.
Cette anarchie dans leurs expressions les met dans un état de colère. Ils refusent d’admettre
que le monde change, que les cultures s’entremêlent et donnent d’autres modes de vie, de
pensée et d’autres formes d’existence.
Les enfants viennent avec leur double identité, leur double culture. Ils sont le résultat d’un
choc culturel qui n’arrivent même pas à en saisir les composantes. Les jeunes ici sont
dévalorisés, relégués au second plan. En effet, toujours les vieux essayent de se distinguer par
leur sagesse et trouvent du plaisir à dévaloriser et à sous-estimer les jeunes.
8. Le réquisitoire dans le roman
L’auteur fait un réquisitoire si fort où il accuse, quoique d’une manière indirecte, les riches
qui ne donnent de l’importance qu’à leur confort et leur richesse sans se soucier des pauvres
et leur misère.
Le vieux est contre ce changement technologique qui met à l’écart la civilisation, les principes
et les traditions des villageois : « Adieu la lampe à huile, les bougies ! Adieu le Kanoun !
L’électricité a tout changé.»(p.86)
Dans une argumentation simple, le vieux débute à travailler son réquisitoire implicite : « Les
riches ne regardent que les chaînes étrangères : américaines et européennes, turques,
égyptiennes… Jamais la télévision nationale, qu’ils trouvent sinistrement pauvre !
Pauvre comme les pauvres qu’ils méprisent ! » (p.86)
Les riches méprisent les pauvres, leurs chaînes et leurs maisons. Ils ne veulent pas ressembler
à eux. Ils veulent se distinguer par leurs biens, leurs propriétés et leurs voitures. Les villageois
pauvres n’ont pas de place dans le monde des riches.
Les pauvres toujours les mêmes collés à leur terre misérable, à leurs maisons archaïques. Le
village est désormais fait par les riches et pour les riches, quoiqu’ils y habitent un mois par an.
9. La critique sociale et ses manifestations dans le roman
Le réquisitoire cache une critique sociale très intéressante, qui se manifeste dans le grand
écart qui sépare les pauvres et les riches. Le narrateur et pour une société équilibrée qui donne
aux pauvres les moyens de s’enrichir et d’exister à leur tour. Le pénible est que les riches
accaparent les moyens de production et dans des clans, ils continuent à s’enrichir en
exploitant les pauvres. Les riches ont tout pour vivre et pour profiter pleinement de la vie. Les
pauvres eux sont incapables de subvenir à leurs simples besoins, personne ne pense à leur
avenir ou à celui de leurs enfants. Toujours dévorés par la misère et le mépris…
Le narrateur évoque également un phénomène social très important, celui de l’émigration vers
les villes surtout durant les saisons de sécheresse. Le narrateur est contre l’évacuation des
villages. Il en souffre profondément : « Le vieux, qui avait vu cette désolation, se
demandait si son propre village allait connaître le même sort » (p.150) Il ne veut pas que
les gens abandonnent leurs terres, leurs maisons pour peupler les villes en vivant dans la
misère. Il veut que l’Etat prenne en charge ce genre de villages en lui procurant l’aide
nécessaire, afin que les villageois puissent rester dans leurs villages : « …Il faudrait que
l’Etat nous vienne en aide, en procédant par exemple, à des forages coûteux. Mais l’Etat
est bien loin d’ici. » (p.151) Un Etat qui ne met pas en considération le villageois et son état
critique. L’Etat ne met pas dans ses plans ou ses projets une stratégie pour sauver la situation
et aider les villageois à dépasser leur crise.
Le vieux trouve que l’émigration aux villes est un véritable danger une bombe qui ne tardera
pas à exploser, qu’il ne faut nullement quitter ses terres et ses maisons pour affronter un
avenir sombre et bizarre où seuls les malins peuvent réussir : « La ville ? Une future et
toujours possible explosion sociale, une bombe à retardement. Un volcan endormi qui
peut se réveiller n’importe quand et tout mettre en pièces. » (p.152) Le narrateur refuse
cette évacuation des villages qui trouve insensée. Il faut selon lui, s’accrocher au travail, à la
vie même dans le désert le plus aride.
10. La visée ou la portée du roman
Mohammed Khaïr-Eddine dans son oeuvre : Il était une fois un vieux couple heureux a essayé
depuis l’incipit de son roman à mettre en relief la situation des villageois et leurs problèmes. Il
voulait que L’Etat commence à penser à cette classe sociale souvent marginalisée, isolée,
voire reléguée au second plan.
La situation des femmes qui n’arrivent pas à s’épanouir dans un monde fait par les hommes et
pour les hommes. Des femmes qui travaillent la terre, font des enfants et préparent des tajines
qui sombrent dans l’anonymat et l’oubli.
Les villageois sont séduits par l’immigration en Europe, par l’argent et la vie facile. Ils ne
pensent plus à travailler la terre qui leur semble inféconde et ingrate. Soit ils partent pour
l’Etranger en quittant à jamais leur pays pour faire fortune ailleurs. Soit ils évacuent les
villages pour atterrir aux grandes villes à la recherche de la vie facile qui peut tourner en
drame.
Les immigrés pour le narrateur, sont des ingrats puisqu’ils ne comprennent pas la vie et ses
valeurs au sérieux. En Europe, leurs petits sont bouleversés par deux pays opposés. Ici, ils
participent à consolider la crise sociale et la pauvreté une fois échoués à réaliser leurs rêves
dans les grandes villes marocaines.
Le narrateur veut que l’Etat intervienne pour sauver la civilisation traditionnelle, le village
ancien et ses ruines, pour empêcher la mort des terres et des maisons archaïques. Il veut que
les villageois puissent à leur tour travailler leurs terres sans avoir peur de la faim. Il cherche à
protéger la beauté naturelle, la beauté de cultiver son pain et de pouvoir manger ce que sa
main a pu façonner, voire travailler avec soin et avec dignité.
De là, le bonheur dans Il était une fois un vieux couple heureux, n’a pas de place car le titre ne
relate nullement le contenu du livre ou la situation du couple, qui souffre le martyre sans
enfants, et qui subit le changement d’un monde dont-il est exclu et marginalisé.


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